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40 ans : le champs des possibles ?

Si la crise de la quarantaine n’est pas un mythe, elle n’est pas pour autant synonyme de coups de blues et de regrets. Et si vous en profitiez pour prendre un nouveau départ sur l’autoroute de la vie ? On a toutes les raisons d’y croire.

40 ans, le nouveau 30 .

Halte aux idées reçues. À force d’entendre parler de la crise de la quarantaine, on s’en fait une montagne et l’on se demande si l’on va réussir à passer ce passage obligé. De tout quoi déprimer plus d’une femme dans sa trente-neuvième année !

La journaliste et blogueuse Gaëlle Renard a écrit un roman-journal plein d’humour sur ce sujet. Il retrace les changements qui se produisent à la quarantaine passée chez son héroïne à qui elle insufflé beaucoup de sa personnalité. « Il y a beaucoup de choses qui changent autour de la quarantaine. On passe, sans s’en rendre compte, de l’autre côté du cadran, avec le sentiment qu’il y a des événements derrière nous, mais qu’il y en a encore beaucoup devant ! Avoir 40 ans aujourd’hui, ce n’est pas la même chose qu’à l’époque de nos mères. Nombreux sont les sociologues et les psys qui pensent que 40 ans, c’est le nouveau 30 en termes de condition physique et d’état d’esprit. À cette période de sa vie, on se sent encore très fille attardée et pas du tout has been ! » Un sentiment que partage Maud Simon, psychologue du travail et coach : « Il y a de moins en moins de « crise » et davantage de réflexion en continu qui permet de ne pas aller jusqu’à la crise. De plus, la quarantaine n’a plus l’apanage de la remise en question. Beaucoup de trentenaires sentent que quelque chose « cloche », souvent professionnellement, et ne souhaitent pas attendre des années pour prendre en main leur destin, et modifier le cours de leur vie. » Pour la psychologue, la quarantaine est une période où l’on devient plus attentif à ce que l’on ressent. « On est vigilant sur les états intérieurs qui nous traversent, ce qui nous permet d’avancer avec davantage de fluidité et moins par à-coup massif débouchant sur un changement identitaire majeur. »

Osez-vous questionner !

Plutôt que de se focaliser sur le temps qui passe, osez regarder le verre à moitié plein. « C’est formidable 40 ans, sourit Maud Simon. Parce qu’on a le bénéfice de 40 ans d’expérience de vie derrière soi avec tout les enseignements que l’on peut en tirer en terme de connaissance de soi, du monde et des années à venir pour mener des projets enthousiasmants, vivre des expériences passionnantes, tisser des relations épanouissantes, qui correspondront au mieux avec notre moi profond. Mais ceci est valable si l’on prend le temps et l’habitude d’être au fait de ce que l’on ressent, et si l’on se pose régulièrement des questions de base : est ce que je suis souvent joyeuse ? Ma vie a-t-elle du sens ? Est ce que je fais ce que j’aime ? Mes relations sont-elles globalement harmonieuses et satisfaisantes ? » Des interrogations simples, voire simplistes, mais que l’on évite souvent de se poser par peur de réaliser le décalage entre sa vie et ses envies.

Pour Gaëlle Renard, s’il y a bien à âge où il temps de penser à soi et faire fi des pressions familiales, sociales et professionnelles, c’est bien celui-là. « À 40 ans, il faut savoir abandonner le syndrome de la bonne élève et de vouloir plaire à tout le monde, au risque de devenir folle. » Pourquoi ne pas en profiter pour regarder les choses en face ? C’est la conviction de Lisbeth von Benedek, docteur en psychologie et psychanalyste. « La crise du milieu de vie est une période qui demande à ce que l’on se remette en cause, à évaluer ce que l’on a accompli et dans quel domaine on a investit son énergie. Il est capital de se demander si ces investissements sont cohérents avec ce que l’on est aujourd’hui, ou si l’on continue à agir en fonction des attentes des autres, à commencer par ses parents ? Il s’agit de prendre un peu de distance avec l’identité sociale pour se tourner vers l’identité intérieure, originale et unique. C’est un passage de mutation, un changement profond potentiellement, dans la mesure ou quelqu’un accompagne ce qui se passe. » Car il ne s’agit pas de tout quitter du jour au lendemain, comme dans le film de Lelouch, itinéraire d’un enfant gâté. « Changer de vie et tout lâcher c’est très rare, assure-t-elle. On peut plaquer son partenaire, son travail, mais pas soi-même, ni ses problèmes intérieurs. Même si on part loin pour recommencer à zéro, on portera toutes les facettes de nous-mêmes dans notre valise. Mieux vaut voir ce qu’il y a dedans et s’y confronter. On peut alors changer les choses. » 

Creusez de nouvelles compétences

Dans sa vie professionnelle aussi le temps de la réflexion peut s’avérer salutaire. « La crise du milieu de vie est une opportunité de croissance qui nous permet de faire émerger nos talents non utilisés et de creuser de nouvelles compétences, indique Lisbeth Von Benedek. » C’est ce qu’a fait Natacha, 41 ans. « J’étouffais dans mon poste de commerciale dans une grande société d’informatique. J’ai eu envie d’explorer de nouveaux horizons. En faisant un bilan de compétences, j’ai compris que mes attentes n’étaient plus les mêmes et que je voulais tourner cette page de ma vie professionnelle. Je travaille désormais comme consultante marketing pour une entreprise de cosmétique à taille humaine et je m’y épanouie. »

Un enfant (si je veux !)

Impossible de penser à la quarantaine sans évoquer le désir de maternité. Alors oui, la probabilité de tomber enceinte à chaque cycle est de 6%, mais les exemples sont légions. Les mentalités ont aussi évolué puisqu’on ne parle plus de « grossesse tardive », d’autant que la procréation médicalement assistée permet à des milliers de femmes chaque année de devenir mère à plus de 40 ans. Mais attention toutefois à ne pas oublier celles qui refusent l’option bébé et ne s’en portent pas plus mal. Car tout est une affaire de liberté individuelle et d’assumer ses choix. C’est la conviction de la coach Emilie Devienne qui, après s’être interrogée une dernière fois à 40 ans, a décidé de ne pas enfanter. « C’est un choix mûrement réfléchi. Ça ne me tentait pas d’avoir un enfant à cause de la responsabilité colossale que cela implique, mais aussi parce que je ne voulais pas ajouter des êtres humains à cette planète qui en compte déjà des milliards. » Si le sujet est encore tabou, la quarantaine peut être l’occasion de clore une fois pour toute ce chapitre bébé et d’être au clair avec ses désirs profonds.

À LIRE

Au secours j’ai 40 ans depuis 4 ans de Gaëlle Renard, Éditions Leduc.s

Fais ce qu’il te plait. 12 semaines pour trouver votre voie et rencontrer votre destin, de Maud Simon, InterÉditions, 2011.

La crise du milieu de vie, de Lisbeth Von Benedek, Éditions Eyrolles, 2011

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Catégories :Questions de Femmes
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