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Étudiants en réseaux

Face à la crise économique et sociale, les associations débordent d’idées pour venir en aide aux étudiants.

Si la crise économique et sociale n’épargne aucune catégorie, les étudiants sont les premiers touchés du fait de leur statut précaire. C’est ce que répète inlassablement la Fédération des Associations Générales Étudiantes (FAGE), la plus importante organisation de jeunes en France qui rassemble 2000 associations et syndicats. « Chaque année, le coût de la rentrée progresse plus vite que l’inflation, alors que les dispositifs d’aides ne progressent pas à cette vitesse, indique Alexandre Leroy, son président. Les étudiants sont en situation de précarité d’abord par rapport au logement puisque, malgré notre demande d’encadrer les loyers des petites surfaces, le gouvernement a reculé. Mais ils connaissent aussi une grande précarité dans l’accès aux soins puisqu’ils ne sont pas couverts par la Sécurité sociale, mais par des mutuelles étudiantes qui peinent à offrir un service de qualité. Et pour cause, ce système a été créé il y a 60 ans pour 400 000 étudiants, alors que nous sommes aujourd’hui 2,4 millions ! » Si Alexandre Leroy salue la décision du gouvernement d’investir 200 millions d’euros dans les bourses, il dénonce l’inertie des politiques et milite pour une réforme des aides sociales qui permettrait de fondre tous les dispositifs sociaux en un seul, une Aide Globale d’Indépendance (AGI).

Épiceries sociales et solidaires

Face à ces difficultés, la réponse solidaire se développe de plus en plus. La FAGE a ainsi créé des épiceries sociales et solidaires à destination des étudiants. Son credo: vendre des produits de grande consommation à prix cassés. Après Lyon, Nice, Nancy, Saint-Etienne, Brest, Strasbourg et Lille, la Fédération prévoit l’ouverture prochaine de celles de Reims, Caen, Angers et Nantes. « Nous avons créé, il y a trois ans, des lieux de vie et d’échanges sur les campus, les AGORAé, indique Alexandre Leroy. Elles proposent des services (conseil à la vie quotidienne, aide à l’accès aux droits…), dont une épicerie sociale et solidaire qui propose des produits frais, des denrées non périssables, des produits d’hygiène…). Pour être bénéficiaires, les étudiants doivent s’entretenir avec une assistante sociale. Nous les accompagnons durant un ou deux semestres et nous leur donnons une petite bouffée d’oxygène le temps qu’ils trouvent des moyens pérennes pour se réinsérer dans des circuits normaux de consommation. » Chaque AGORAé accompagne plus d’une centaine de bénéficiaires par semestre.

Lyon a été la première ville française à ouvrir une épicerie sociale est solidaire sur le campus via le Groupement des Associations et élus Etudiants de Lyon Indépendants et solidaires (Gaelis). Depuis 1993, Gaelis défend les droits et intérêts matériels et moraux, collectifs et individuels des étudiants. « On estime à 2500 € le coût d’une rentrée étudiante à Lyon, assure Nicolas Romain-Scelle, Président de Gaelis. En outre, le prix d’un repas dans un restaurant universitaire augmente de 5 centimes d’euros depuis huit ans. Face à cette situation, nous avons ouvert, au sein de l’AGORAé, une épicerie sociale et solidaire qui propose des produits jusqu’à -80% du prix du marché. » Une centaine d’étudiants sont accompagnés dans l’année.

À Grenoble, le projet d’épicerie sociale est soutenu par le Diaconat protestant, le Secours Catholique, le centre communal d’action sociale et l’association locale la Remise. Si les étudiants ne seront pas les seuls bénéficiaires, ils y seront les bienvenus. « Nous sommes en train d’acheter le local et d’embaucher des personnes, indique Jean-Marc Lefebvre, du Diaconat protestant. L’épicerie sera ouverte à tous avec une tarification différenciée en fonction des moyens. Ce sera aussi un chantier d’insertion. Au-delà de la simple vente de produits alimentaires, nous proposerons aux usagers des activités comme des ateliers pour créer du lien social. » Pour le responsable, les étudiants en situation de précarité sont à grande majorité d’origine africaine. « Soit leurs familles les poussent à partir faire des études en France, mais sans moyen, soit les jeunes partent avec une bourse de leur pays d’origine…qui ne la paye pasNous avons des contacts avec le CROUS et il est clair que l’épicerie s’adresse aussi à ces étudiants en situation de précarité. » Le Diaconat prévoit son ouverture en janvier 2015.

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Catégories :Réforme, Société
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