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Jean-Luc Petithuguenin, PDG de Paprec : « La diversité ? Une idée du futur »

À la tête de l’entreprise Paprec, Jean-Luc Petithuguenin a mis l’homme au cœur de son organisation. Rencontre avec un dirigeant profondément altruiste.

JP PETITHUGUENIN

Avez-vous toujours eu la fibre entrepreneuriale ?

Je suis issu d’un milieu où l’argent n’est pas une valeur. Mon grand-père était ouvrier horloger, il m’a transmis le travail et l’abnégation. Mon père, qui était militaire, m’a appris que le drapeau et la patrie surpassaient tout. Bachelier à 17 ans, j’ai choisi  la  branche comptabilité, gestion et finance de l’ESSEC car c’était ce qu’il y avait de plus technique et que cela m’offrait une grande variété de carrières. J’ai eu la chance de diriger ma première entreprise à 28 ans (Société d’Application Routière) et je me suis passionné pour le business. Après avoir pris des responsabilités au sein du Groupe Lafarge et à la Compagnie Générale des Eaux, je me suis lancé dans l’aventure Paprec. Bercé depuis mon enfance par les histoires de Saint-Exupéry, j’ai l’impression d’être un aventurier économique devant la révolution que représente le recyclage ! Un peu comme ceux qui ont fait partie de l’aventure aéropostale ou qui ont découvert de nouveaux mondes, car le XXIe siècle sera le siècle du recyclage. J’ai gardé mon âme d’enfant et je cultive cet aspect de ma personnalité. Grâce à Paprec, je vis une aventure formidable avec des équipes humaines et généreuses. Certes, le profit est nécessaire à l’entreprise, mais ce n’est pas un but en soit. Je le considère plutôt comme la récompense d’un parcours que l’on mène ensemble.

Pourquoi avoir fait de la diversité un élément clé dans l’organisation de l’entreprise ?

J’ai toujours été motivé par les questions de lutte contre le racisme et l’antisémitisme. De façon concrète, au sein de l’entreprise, un cadre sait qu’il peut se faire licencier s’il est raciste. De même, les salariés savent que le plus haut échelon de la société est opposé au racisme et qu’ils pourront demander un recours si une décision est motivée par une raison raciste. Pour autant, nous ne pratiquons pas la discrimination positive. Notre philosophie est de porter un regard sans a priori sur les personnes et de les placer à la bonne fonction. Il y a une folie collective française qui consiste à penser que la note que l’on a obtenue en mathématiques à 18 ans doit conditionner 50 ans de notre vie, c’est insupportable ! Ceux qui n’ont pas eu la chance de faire des études ne peuvent pas être condamnés ad vitam æternam à des tâches d’exécution. Nous embauchons donc à la fois des Bacs+8, des seniors, des Bac-5, des femmes, des autodidactes… Autant de gens qui s’imposent par leur personnalité et leur savoir-faire. Certes, les études donnent une ouverture d’esprit formidable, mais dans ma vie personnelle, les gens qui m’ont le plus impressionné n’ont jamais été les plus grands diplômés, mais des autodidactes. Cela prouve que les qualités intellectuelles n’ont pas la suprématie sur toutes les autres et que l’école ne sait pas détecter les qualités de charisme et de cœur.

Comment se concrétise cette politique de diversité ?

Nous avons mis en place un programme de détection et d’accompagnement des talents pour trouver des gens compétents, mais qui ont raté des portes ou qui étaient issus de milieux modestes. Mon Directeur Général Commerce, qui nous a quitté à 67 ans, avait été embauché à 50 ans avec un Bac moins 8 ! Nous avons également un programme d’accompagnement spécifique pour les jeunes femmes qui n’osent pas prendre des postes à forte responsabilité en raison d’un plafond de verre mental. Mais attention, si la qualité de gentillesse est recherchée chez nous, elle est d’abord au service d’une ambition collective et de l’excellence.

Pensez-vous que le chemin sera long pour gagner la cause de la diversité ?

Je me sens pionnier car j’ai de l’avance sur les autres. J’essaye d’avoir une vision positive de la société. Les bons exemples amèneront d’autres patrons à faire de même. Le Medef a d’ailleurs lancé le tour de France de la diversité, c’est très positif. En ce domaine, je préfère voir la bouteille à moitié pleine qu’à moitié vide ! La diversité est une idée du futur, pas seulement une idée généreuse. Il y a une tradition française qui part du principe qu’une personne intelligente est toujours cynique car elle sait que l’homme est mauvais. À contrario, celui qui pense que l’homme est bon serait un naïf et un imbécile heureux. C’est totalement faux car on oublie que les gens naïfs créent du bonheur autour d’eux. Le fait d’avoir reçu le Prix de l’Entrepreneur de l’Année 2012 de Ernst & Young et de L’Express m’a fait très plaisir. C’est une reconnaissance de mes pairs qui me va droit au cœur.

Considérez-vous comme un patron chrétien ?

Dans ma pratique d’entrepreneur, beaucoup de choses sont liées à ma culture religieuse : des valeurs d’humanité, de respect, de tolérance qui me semblent universelles et qui font aussi partie du patrimoine Français. Cet humanisme chrétien peut aussi être aussi un humanisme laïc. Mais, il est clair que mon éducation religieuse m’aide profondément dans l’exercice de mon métier. Ce n’est pas juste une addition de vie à la vie, mais une attention aux autres.

EDC 56 têtière

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Catégories :Dirigeants Chrétiens
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