Ah, la belle famille !

mars 20, 2017 Laisser un commentaire

COUPLE. Les beaux-parents font partie intégrante de la vie d’un couple, même à minima. C’est aux conjoints de trouver le juste équilibre entre entente cordiale et proximité, en se méfiant des stéréotypes…qui ont la vie dure.

On a tous en tête des anecdotes vécues ou racontées de couples en proie à de vives tensions avec leurs beaux-parents. Et comme l’on parle davantage de ce qui ne va pas dans nos vies, on pourrait penser que ces liens sont très souvent conflictuels, voire inexistants. Pourtant, en l’absence de statistiques sur le sujet, mieux vaut se méfier des clichés, même si dans l’inconscient collectif, beaux-parents riment avec tourments. « Il est tout à fait normal qu’il y ait l’appréhension et de la circonspection au moment où l’on se marie, assure la psychothérapeute Christine Brunet. Rentrer dans une famille que l’on ne connaît pas, suscite quelques interrogations. On se demande si l’on va être aimé, apprécié et quelle est la culture familiale. Mais cela ne signifie pas que l’on va d’emblée être rejeté ou jugé. En la matière, chaque situation est différente, puisque nous sommes tous des individus singuliers avec nos caractères, nos passions et nos émotions. » Aucune fatalité donc. Et, entre être accueilli à bras ouverts et se trouver face à mur de silence, il y a pléthores de situations, fort heureusement.

Loyautés invisibles

Pour autant, la psychologue rappelle certaines évidences. « Pour construire un couple, on doit arriver à se séparer de sa famille d’origine pour en créer une nouvelle. Devenir adulte, c’est garder ses marques d’enfant, mais construire sa propre vie, développer son autonomie, sa propre idée de réalisation de soi. » C’est là où parfois le bât blesse tant il est difficile pour certains parents de couper le cordon. D’autant qu’aujourd’hui, on reste plus longtemps dans le foyer familial. « Quand deux personnes se rencontrent, chacune est issue d’une famille avec ses histoires et ses mythes, indique Éric Trappeniers psychothérapeute du couple. Mais la situation économique est telle que les jeunes se marient plus tard et sont donc dépendants plus longtemps de leur famille d’origine qu’auparavant. Il n’est pas rare qu’à 27 ans, âge moyen du mariage, les parents soient encore derrière eux financièrement et donc moralement. »

Pas facile de se construire une vie à deux sereinement quand les parents vous chapeautent du coin de l’œil et s’invitent dans les discussions du couple en devenir. Le psychiatre Jacques-Antoine Malarewicz va même plus loin : « Sur le livret de famille, il devrait y avoir une case selon laquelle le divorce d’avec les parents a été effectif ! Ce n’est pas évident de couper le cordon, même si c’est plus facile aujourd’hui car les jeunes prennent plus facilement des distances au sens moral, mais aussi géographique puisqu’ils voyagent facilement et ont une mentalité multiculturelle. » À l’entendre, c’est aux parents d’avoir la maturité suffisante pour ne pas rendre les enfants dépendants d’eux au niveau émotionnel et affectif. « Un enfant pour grandir à besoin de trahir, pas au sens dramatique du terme, mais de ne pas faire exactement ce qu’attendent de lui ses parents. Et notamment dans le choix de son conjoint. » Car si aujourd’hui, l’on est libre de choisir son partenaire amoureux, nombreux sont les parents à vouloir le bonheur de leur enfant selon leurs propres critères. « On reçoit tous des messages sur le type de rencontre que l’on ne devrait pas faire concernant les origines sociales, économiques ou religieuses de son conjoint, rappelle Éric Trappeniers. L’enfant intègre inconsciemment un certain nombre de modèles…jusqu’au jour où il choisit quelqu’un qui ne rentre pas dans le moule. » Autant de loyautés invisibles dont il est difficile de s’émanciper, même aujourd’hui.

S’éviter les rituels

Mais contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce n’est pas au début de la relation amoureuse que les tensions s’exacerbent le plus avec la belle-famille, mais quand le quotidien s’installe. Tout peut alors susciter la tension : un anniversaire, l’éducation des enfants, les fêtes de fin d’année. Pour Christine Brunet, mieux vaut éviter d’installer des rituels trop figés. « S’il est important qu’il y aient des occasions privilégiées pour se réunir, la rigidité ne sert personne et peut devenir un sujet de friction au sein du couple. Le plus important, c’est le respect et la bienveillance de part et d’autre. » Pas toujours facile en pratique selon Sandrine, 38 ans, qui pendant trois ans a dû se plier au déjeuner dominical chez sa belle-mère qui vivait seule depuis la mort de son mari. « Au début, je trouvais cela sympathique, mais au fur et à mesure, je n’en pouvais plus de ce rendez-vous imposés. J’ai fini par laisser mon mari y aller seul… » Jacques-Antoine Malarewicz, souligne que c’est précisément quand l’un des deux parents décède, que le couple va être mis à mal. « En cause, un conflit de loyauté qui va obliger le ou les enfants à s’occuper de leur parent survivant, le plus souvent la mère, dont l’espérance de vie est plus longue que celle du père selon les statistiques ».

La belle-mère en ligne de mire

Car avouons-le, c’est souvent la belle-mère qui cristallise les passions. Accusée de vouloir de tout contrôler, d’être possessive et de s’immiscer dans la vie du couple, elle est souvent dépeinte comme « une louve à 50 mamelles » selon l’expression d’Eric Trappeniers. Une femme qui aurait sa belle-fille dans le viseur et dont le fils serait sous la coupe. Certes, il en existent a encore, mais à changement d’époque, changement de générations. Alors pourquoi ce schéma fait-il de la résistance ? « Depuis l’Antiquité, laideur féminine et mauvaise âme sont associées, donc à la laideur morale des belles-mères répond la laideur physique, souligne Yannick Ripa qui a dirigé un ouvrage sur les belles-mères dans l’Histoire*. C’était un moyen de lancer un avertissement aux belles-mères : leur volonté de s’emparer du pouvoir masculin leur ôtera toute féminité. Au début du XXe siècle, avec l’expansion de la famille nucléaire et le divorce, qui éloigne de fait les belles-mères, leurs représentations s’adoucissent, leurs formes s’arrondissent, leurs sourires s’épanouissent. Cette belle-mère-là s’apparente aux grands-mères à chignon qui font des confitures, rappelant une incontournable évidence, jusque-là volontairement négligée : en toute belle-mère sommeille une future grand-mère et dès que l’enfant paraît, belle-maman et bonne-maman ne font plus qu’une. »

Pour l’historienne, la belle-mère d’aujourd’hui reste caricaturée comme le montre, par exemple, la série télévisée de France 2 Parents mode d’emploi. «  L’une a gardé ses cheveux poivre et sel ne cesse de faire des remarques à sa belle-fille qui ne sait pas tenir sa maison ni prendre soin de son époux ; l’autre est en jeans, très égocentrée et se fiche d’être une grand-mère. Cette belle-mère post-MLF, qui n’assume pas son rôle de grand-mère, est une critique déguisée du féminisme. Aujourd’hui, les belles-mères ont souvent la même vie que les belles-filles, elles travaillent, font du sport, il existe une unité de vie qui ne permet plus d’identifier les femmes de 55-60 ans comme étant des belles-mères et seulement cela. Mais cet état de fait n’est pas encore passé dans les représentations collectives. » À en croire, Christine Brunet, il y a matière à espérer : « Aujourd’hui, les générations se parlent, se remettent plus en questions et vont éventuellement consulter. » La communication au secours des belles mères… on y croit.

À LIRE

Se libérer des souffrances familiales, d’Éric Trappeniers, InterEditions, 2014

L’étonnante histoire des belles-mères, sous la direction de Yannick Ripa, Belin, 2015

Catégories :Réforme, Société

Europ Assistance : les expériences digitales au cœur de la stratégie marketing

janvier 24, 2017 Laisser un commentaire

Après onze ans de carrière dans le monde de l’industrie, Pierre Brigadeau, (DESCAF de l’ESCAE Bretagne-Brest, 1989), a réussi avec brio son parcours dans le monde de l’assurance et du Service. Actuellement Directeur des Ventes et du Marketing au sein d’Europ Assistance, il rappelle les atouts clés pour exceller dans ce secteur.

Quelles sont les qualités indispensables pour réussir à ce poste ?

Il faut aimer le contact humain, avoir un excellent esprit de synthèse, aimer l’analyse quantitative, être capable de supporter des hautes doses de stress et des changements de rythmes de travail très importants, avoir une très forte volonté et se former en permanence aux techniques de marketing et aux nouvelles technologies.

Quels sont les enjeux majeurs auxquels vous êtes confronté ?

Il est indispensable d’anticiper les besoins des clients avant qu’ils ne se matérialisent dans des appels d’offres. Cela passe par des investissements massifs dans l’innovation. Il faut aussi construire des propositions de valeurs applicables à la demande des clients globaux, tout en restant ancré sur les besoins des consommateurs locaux. Le troisième enjeu consiste à recruter, former et conserver des talents, tout en leur offrant des perspectives de carrières variées et internationales. Enfin, il est crucial de digitaliser l’intégralité de la chaine de valeurs en y intégrant nos fournisseurs de prestations de services.

Quel est le secret de votre stratégie marketing ?

La discipline ! C’est indispensable pour mettre en place nos offres partout dans le monde de façon identique tout en restant proche des consommateurs locaux.

 Qui sont les talents recherchés ?

Nous recrutons des profils internationaux et multiculturels car nous avons besoin de personnes capables de comprendre différentes cultures et qui soient multidisciplinaires (double ou triple formations, quatre langues parlées…).

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L’amour en héritage ?

décembre 21, 2016 Laisser un commentaire

Fraîchement endeuillées, les fratries doivent passer devant le notaire et régler la répartition du patrimoine de leur proche. Un moment clé aux enjeux financiers et psychologiques.

Impossible d’y échapper, le rendez-vous chez le notaire est un passage obligé qui arrive souvent trop vite pour les familles. À peine leur parent décédé, ils doivent faire face à l’épineuse question des droits de succession éventuels à payer. « Au moment de l’héritage, l’argent des familles passe sous le contrôle de l’Etat, indique Nicole Prieur, psychothérapeute*. Celui-ci prélève l’argent privé et le verse au collectif dans un souci de régulation car l’héritage contredit les aspirations égalitaires d’une démocratie et accentue de manière significative les différences sociales. La fiscalité intervient alors pour rééquilibrer les écarts en prélevant des droits successoraux sur les biens du défunt, ce qui permettra aux héritiers d’en devenir propriétaires de plein droit. Cet impôt sur les successions rapporte 3% des recettes fiscales générales. »

Une taxe qui peut susciter l’incompréhension. Mais peut-on, pour autant, la qualifier d’injuste ? « Compte tenu du patrimoine moyen des Français, il se transmet avec très peu de droit de succession à régler, souligne la juriste Catherine Doleux-Janat, journaliste au mensuel Notre Temps. Et pour ceux qui auraient un patrimoine un peu plus important, ils ont les moyens d’anticiper par des donations et transmettre leurs biens sans frais. En effet, chaque parent peut donner à chacun de ses enfants 100000 € tous les 15 ans sans droits à payer. De même, les capitaux versés sur une assurance vie avant 70 ans sont exempts de droits de succession. À mon sens, il n’y a pas d’exaspération des Français sur cette question, y compris chez les riches, car il y a beaucoup d’outils juridiques qui permettent de défiscaliser son patrimoine. »

L’objectif de l’Etat ? Fluidifier les richesses des seniors, en grande partie immobilisées, vers les jeunes générations, plus à la peine financièrement et stimuler l’économie. Une mesure qui va dans le bon sens pour Jef, 41 ans. « Mes parents ont très vite compris l’intérêt de nous donner de l’argent de leur vivant à moi et à mon frère. Ils sont rassurés car nous ne payerons pas de droits de succession sur cette partie de leur patrimoinePour autant, nous n’utilisons pas cet argent qui représente pour nous des années de travail et d’économie. » Si de plus en plus de familles sont au fait de la législation, pour d’autres, notamment les plus âgés, le tabou autour de l’héritage est encore tenace. C’est ce qu’a réalisé Jackie, 60 ans, dont la mère n’a jamais voulu entendre parler de donation. « On avait beau, moi et mes sœurs, lui expliquer l’intérêt de cette mesure, elle ne voulait pas en entendre parlé. Elle pensait que l’on voulait lui prendre son argent et la précipiter dans la tombe. Résultat, quand elle est morte il y a quatre mois, nous avons dû régler des droits de succession à hauteur de 50 0000 € ! Une sortie d’argent que l’on aurait pu éviter de sortir si elle avait consenti à nous écouter. »

Le prix fort

Mais outre l’argent de l’héritage, répartis de manière égalitaire entre chaque enfant, les biens matériels peuvent faire l’objet de tensions au sein de la fratrie, et ce même si les parents avaient organisé leur répartition avant leur mort. « Chaque objet hérité, qu’il soit de grande valeur ou non, est une trace symbolique du défunt, souligne Nicole Prieur. Au moment où les deux parents ne sont plus là, le surmoi fraternel vole en éclat. Il n’y a plus de raison objective de s’entendre et les sentiments d’injustice ressortent et s’appliquent sur les objets hérités. On ne se bat pas pour avoir la cuillère en argent, mais pour l’enlever à son frère qui a toujours été le préféré de ses parents. Certains enfants, qui ont souffert de ne pas avoir reçu suffisamment d’amour, présentent à leur frères et sœurs cette facture très symbolique. Ils veulent absolument le vase préféré de leur mère ou la pipe de leur père et rejoue leur place au sein de la famille. » Pour éviter ces règlements de comptes, le mieux, estime Nicole Prieur, est de se dire que cette relation fraternelle n’a pas de prix. Passer outre la mesquinerie de chacun demande des efforts, mais constitue le véritable héritage parental à faire fructifier.

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Catégories :Réforme, Société

Perte de repères

décembre 19, 2016 Laisser un commentaire

On a beau être dans la force de l’âge, la perte du dernier de ses parents est souvent une déchirure qui marque la fin de l’insouciance et de l’innocence.    

Nadège, 42 ans, se souvient avec précision du jour où sa mère est morte un après-midi du mois d’avril il y a 13 ans. « Elle souffrait d’une maladie neurologique depuis quelques mois et devait passer des tests pour évaluer sa mémoire. Après avoir fait un AVC, elle a été réanimée mais est décédée deux jours plus tard. Sa mort m’a fait l’effet d’une bombe, J’ai eu l’impression qu’on m’avait arraché un bras et que je n’étais plus entière physiquement. Les années ont passé, je me suis mariée et j’ai eu un enfant, mais quand mon père est mort, il y a un an suite à une longue maladie, j’ai réalisé qu’aucun d’eux ne serait là pour me protéger à l’avenir. »

À l’instar de Nadège, nous sommes nombreux à nous sentir fragile et sans mur virtuel sur lequel s’appuyer. Une image qui en dit long  sur la place des parents comme référents existentiels. « Il y a de quoi être secoué, insiste le psychiatre Christophe Fauré. Les parents sont dépositaires de notre enfance et de notre passé. C’est un pan de notre histoire qui disparaît lorsque le dernier parent meurt. D’où le sentiment de n’avoir plus personne sur qui s’adosser et de ne plus avoir de repères intérieurs. Le fait d’être soi même âgé de 50 ou 60 ans ne préserve en rien de cette sensation de vide et de vulnérabilité. » Car on a beau savoir que les lois de la nature sont ainsi faites, la mort de ses parents restent difficile à accepter, quand bien même ils étaient âgés ou que les liens c’étaient distendus au fils du temps. « On aimerait rester pour toujours dans ce statut de petite dernière chouchoutée, de seul garçon de la fratrie ou simplement d’enfant aimé d’un d’amour inconditionnel. Car c’est bien de cela dont on parle quand le dernier parent décède, assure le psychiatre. »

C’est exactement ce qu’a ressenti Jackie, 50 ans, orpheline de son père à l’âge de 13 ans  et qui a enterré sa mère de 92 ans il y a seulement deux mois. « À sa mort, j’ai perdu mon insouciance, je suis passée dans le monde des adultes. J’ai compris que je ne serai plus jamais la petite fille de ma mère, elle qui m’assurait de son soutient quels que soient mes choix de vie. J’ai aussi pris un gros coup de vieux car j’ai réalisé qu’il n’y avait plus personne au-dessus de moi et que j’étais désormais en première ligne, donc face à ma propre mort. »

Un deuil aux visages multiples

Si beaucoup de sentiments semblent communs et universels, chaque personne à sa façon de vivre le deuil. Larmes, mutisme ou métamorphose physique, l’endeuillé est riche d’une histoire relationnelle, d’un passé et de souvenirs plus ou moins heureux avec l’un ou l’autre de ses parents. « Quel que soient les liens au sein de la fratrie, on ne perd jamais la même personne, indique le psychiatre Alain Sauteraud. Paul ne vivra donc pas le même deuil que Marie, car on n’est pas un fils comme on est une fille. Et s’il y a trois garçons, on n’est pas l’aîné comme on est le dernier. Notre relation à nos défunts est unique. »

Pour le thérapeute, loin d’être un traumatisme, au sens médical du terme, le deuil est une déchirure normale qui fait partie de la vie. « Cette déchirure, strictement personnelle, transforme profondément la vie de chacun. Certes, la mort de nos parents marque la rupture d’un attachement, mais le deuil n’à rien à voir avec de la tristesse ou de la désolation. C’est une histoire d’amour qui s’est terminée dans son aspect évolutif, mais qui continue intérieurement. Un endeuillé pleure sa joie perdue alors que, dans le trauma, il n’y a pas de joie. »

Face à cette expérience commune à tous, le psychiatre évoque le parcours de l’enfant  endeuillé via quatre étapes clés : accepter la douleur, ne pas faire comme si son parent n’avait pas disparu, relocaliser le ou la défunte dans notre cœur et organiser une nouvelle vie où le parent est absent. « L’enjeu se résume à cette question : comment se dépatouiller en l’absence de son père ou de sa mère. » Et Alain Sauteraud de s’élever contre certaines généralités. « L’idée selon laquelle parce que l’on était très attaché à l’un des ses parents, le deuil se passera mal et dans la souffrance est fausse. La force de l’attachement n’est absolument pas synonyme de douleur intense. Au contraire, plus la relation était riche et féconde plus on est armé par des repères intérieurs qui se révèlent à soi de plus en plus au fil du temps. À l’inverse, plus on a été insécure ou en conflits avec son père ou sa mère et plus ce sera difficile car leur a mort met un coup d’arrêt à toute velléités d’explications ou de réconciliation. »

La confusion des sentiments

Difficile donc de généraliser des comportements ou de hiérarchiser les deuils entre eux tant la nature humaine est diverse. Sans oublier les conditions dans lesquelles les parents meurent qui comptent beaucoup dans la façon dont les enfants éprouvent cette perte. « Assister à la lente dégradation physique de ma mère a été pour moi insupportable, souligne Agnès, 55 ans. Pendant huit ans, elle s’est battue contre un cancer et je n’en pouvais plus de la voir souffrir. À sa mort, j’ai été soulagée et même apaisée car ses douleurs avaient enfin cessées. »

Enfin, la manière de vivre le deuil est intimement liée à la relation que l’on avait avec le parent. « De nombreuses personnes se sentent libérées à la mort du dernier de leur parent, explique Christophe Fauré. Comme si « l’œil de Moscou » qui était sur eux depuis l’enfance et qui pouvait influencer inconsciemment leur décision, leur choix, leur manière d’être, c’était enfin fermé. Ils sont libérés de ce regard un peu contraignant, d’ou ce sentiment paradoxal de soulagement car ils sont plus libres de leurs mouvements et de leurs décisions, avec tout de même un peu de culpabilité. » C’est précisément ce qu’à vécu Jacques, 65 ans, qui durant de nombreuses années, n’à pas osé s’opposer à son père. « Il m’a élevé dans un judaïsme dit « de juste milieu » qui ne me correspondait pas du tout. Mais je suis toujours resté dans le rang car il était l’autorité morale et religieuse de toute la famille au sens large. Il aurait été inconcevable de le contredire ou de changer ma façon de faire, même si j’étais marié et père de famille. À sa mort, les barrières morales sont tombées et j’ai déménagé en Israël où je vis désormais ma foi de façon orthodoxeÇa ne plait pas à mes frères et sœurs, mais je suis en accord avec moi-même. »

Une cellule familiale vacillante

Un témoignage qui met l’accent sur un sujet collatéral à la perte des parents : les liens entres les frères et les sœurs. En effet, quand la maison familiale cesse d’être un lieu de rassemblement, les rencontres s’espacent et se raréfient si personne ne se donne la peine de prendre la relève. « Il n’est pas rare de voir des conflits éclater à la mort du dernier parent, souligne Alain Sauteraud. Pas tant pour des contingences financières qu’affectives. Les rancunes et les non-dits refont surface et certains enfants en profitent pour rejouer leur place au sein de la famille et régler leurs comptes. » Au risque de voir la cellule familiale exploser. Un mal qui s’avère parfois nécessaire, en ce sens qu’il permet de trouver son chemin intérieur avant d’initier de nouvelles relations avec sa fratrie. L’enjeu du deuil est bien là, selon Christophe Fauré, « Réussir à installer en nous la présence de ce parent qui avait des principes de vie, des lignes de conduite et continuer à vivre intérieurement en faisant référence à ses valeurs. » Le travail d’une vie. Un événement universel qui ne se résume pas, loin s’en faut, à de la tristesse.

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Catégories :Réforme, Société

DIRECTION GÉNÉRALE DE L’ARMEMENT : L’INNOVATION AU SERVICE DE LA SUPÉRIORITÉ TECHNOLOGIQUE

février 19, 2016 Laisser un commentaire

LA DIRECTION GÉNÉRALE DE L’ARMEMENT A TROIS MISSIONS FONDAMENTALES : ÉQUIPER LES FORCES, SOUTENIR L’EXPORT ET PRÉPARER L’AVENIR. ELLE CONDUIT 80 PROGRAMMES D’ARMEMENT ET RESTE LEADER DE LA RECHERCHE DE DÉFENSE EN EUROPE. RENCONTRE AVEC CAROLINE LAURENT (X 82), DIRECTRICE DE LA STRATÉGIE.

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Le parcours de Caroline Laurent force l’admiration. Ingénieur général hors classe de l’armement (4 étoiles), elle est directrice de la stratégie et fait partie du comité exécutif de la Direction Générale de l’Armement. Depuis bientôt deux décennies, elle excelle à des postes d’envergure : management de projets techniques, programmes de recherche dans le spatial, programme de télécommunications militaires Syracuse, programmes aéronautiques, unité de management Espace et Systèmes d’Information Opérationnels. « J’ai eu de la chance et j’ai su saisir des opportunités. Ce qui a marqué chaque étape de ma carrière, c’est une nouvelle aventure humaine et à chaque fois un défi personnel. »

L’INNOVATION : LE NERF DE LA GUERRE

Directrice de la stratégie de la DGA depuis un an, Caroline Laurent a pour credo l’innovation. « Le caractère innovant est essentiel pour asseoir la supériorité technologique sur un théâtre d’opérations et nécessite une vision long terme. Les technologies de rupture pour nous sont les systèmes autonomes (drones aériens, drones à voitures tournantes, drones sous-marin), l’intelligence artificielle, la numérisation, la cyber : ces domaines constituent une révolution qui change notre façon d’opérer et de combattre. L’innovation est davantage portée par les petites structures et les laboratoires que par les grands groupes. Mais nous devons créer des liens entre ces mondes pour produire et livrer un jour des systèmes plus performants. Nous finançons 120 thèses par an, des projets de recherche dans les écoles d’ingénieurs, les laboratoires et des projets d’innovation dans les PME, souvent association avec un laboratoire ou un grand industriel. Nous pilotons également la conception des programmes futurs et les contrats d’études amont associés qui représentent 730 millions d’euros par an. Les applications stratégiques de la préparation de l’avenir dans la Défense restent le nucléaire et l’aéronautique de combat (aéronefs et missiles) pour lesquels nous voulons rester souverains. Dans certains domaines, nous plébiscitons les projets qui réunissent un ou plusieurs pays européens : nous avons par exemple un projet de drône de combat avec les britanniques et un de drone de renseignement avec les allemands, italiens et espagnols. Nous favorisons également la création d’industriels transfrontaliers comme la très récente société franco-allemande pour l’armement terrestre ou one MBDA dans les missiles. »

La suite de l’article : http://journaldesgrandesecoles.com/dg-armement-polytechnique/

JDE

40 ans : le champs des possibles ?

novembre 3, 2015 Laisser un commentaire

Si la crise de la quarantaine n’est pas un mythe, elle n’est pas pour autant synonyme de coups de blues et de regrets. Et si vous en profitiez pour prendre un nouveau départ sur l’autoroute de la vie ? On a toutes les raisons d’y croire.

40 ans, le nouveau 30 .

Halte aux idées reçues. À force d’entendre parler de la crise de la quarantaine, on s’en fait une montagne et l’on se demande si l’on va réussir à passer ce passage obligé. De tout quoi déprimer plus d’une femme dans sa trente-neuvième année !

La journaliste et blogueuse Gaëlle Renard a écrit un roman-journal plein d’humour sur ce sujet. Il retrace les changements qui se produisent à la quarantaine passée chez son héroïne à qui elle insufflé beaucoup de sa personnalité. « Il y a beaucoup de choses qui changent autour de la quarantaine. On passe, sans s’en rendre compte, de l’autre côté du cadran, avec le sentiment qu’il y a des événements derrière nous, mais qu’il y en a encore beaucoup devant ! Avoir 40 ans aujourd’hui, ce n’est pas la même chose qu’à l’époque de nos mères. Nombreux sont les sociologues et les psys qui pensent que 40 ans, c’est le nouveau 30 en termes de condition physique et d’état d’esprit. À cette période de sa vie, on se sent encore très fille attardée et pas du tout has been ! » Un sentiment que partage Maud Simon, psychologue du travail et coach : « Il y a de moins en moins de « crise » et davantage de réflexion en continu qui permet de ne pas aller jusqu’à la crise. De plus, la quarantaine n’a plus l’apanage de la remise en question. Beaucoup de trentenaires sentent que quelque chose « cloche », souvent professionnellement, et ne souhaitent pas attendre des années pour prendre en main leur destin, et modifier le cours de leur vie. » Pour la psychologue, la quarantaine est une période où l’on devient plus attentif à ce que l’on ressent. « On est vigilant sur les états intérieurs qui nous traversent, ce qui nous permet d’avancer avec davantage de fluidité et moins par à-coup massif débouchant sur un changement identitaire majeur. »

Osez-vous questionner !

Plutôt que de se focaliser sur le temps qui passe, osez regarder le verre à moitié plein. « C’est formidable 40 ans, sourit Maud Simon. Parce qu’on a le bénéfice de 40 ans d’expérience de vie derrière soi avec tout les enseignements que l’on peut en tirer en terme de connaissance de soi, du monde et des années à venir pour mener des projets enthousiasmants, vivre des expériences passionnantes, tisser des relations épanouissantes, qui correspondront au mieux avec notre moi profond. Mais ceci est valable si l’on prend le temps et l’habitude d’être au fait de ce que l’on ressent, et si l’on se pose régulièrement des questions de base : est ce que je suis souvent joyeuse ? Ma vie a-t-elle du sens ? Est ce que je fais ce que j’aime ? Mes relations sont-elles globalement harmonieuses et satisfaisantes ? » Des interrogations simples, voire simplistes, mais que l’on évite souvent de se poser par peur de réaliser le décalage entre sa vie et ses envies.

Pour Gaëlle Renard, s’il y a bien à âge où il temps de penser à soi et faire fi des pressions familiales, sociales et professionnelles, c’est bien celui-là. « À 40 ans, il faut savoir abandonner le syndrome de la bonne élève et de vouloir plaire à tout le monde, au risque de devenir folle. » Pourquoi ne pas en profiter pour regarder les choses en face ? C’est la conviction de Lisbeth von Benedek, docteur en psychologie et psychanalyste. « La crise du milieu de vie est une période qui demande à ce que l’on se remette en cause, à évaluer ce que l’on a accompli et dans quel domaine on a investit son énergie. Il est capital de se demander si ces investissements sont cohérents avec ce que l’on est aujourd’hui, ou si l’on continue à agir en fonction des attentes des autres, à commencer par ses parents ? Il s’agit de prendre un peu de distance avec l’identité sociale pour se tourner vers l’identité intérieure, originale et unique. C’est un passage de mutation, un changement profond potentiellement, dans la mesure ou quelqu’un accompagne ce qui se passe. » Car il ne s’agit pas de tout quitter du jour au lendemain, comme dans le film de Lelouch, itinéraire d’un enfant gâté. « Changer de vie et tout lâcher c’est très rare, assure-t-elle. On peut plaquer son partenaire, son travail, mais pas soi-même, ni ses problèmes intérieurs. Même si on part loin pour recommencer à zéro, on portera toutes les facettes de nous-mêmes dans notre valise. Mieux vaut voir ce qu’il y a dedans et s’y confronter. On peut alors changer les choses. » 

Creusez de nouvelles compétences

Dans sa vie professionnelle aussi le temps de la réflexion peut s’avérer salutaire. « La crise du milieu de vie est une opportunité de croissance qui nous permet de faire émerger nos talents non utilisés et de creuser de nouvelles compétences, indique Lisbeth Von Benedek. » C’est ce qu’a fait Natacha, 41 ans. « J’étouffais dans mon poste de commerciale dans une grande société d’informatique. J’ai eu envie d’explorer de nouveaux horizons. En faisant un bilan de compétences, j’ai compris que mes attentes n’étaient plus les mêmes et que je voulais tourner cette page de ma vie professionnelle. Je travaille désormais comme consultante marketing pour une entreprise de cosmétique à taille humaine et je m’y épanouie. »

Un enfant (si je veux !)

Impossible de penser à la quarantaine sans évoquer le désir de maternité. Alors oui, la probabilité de tomber enceinte à chaque cycle est de 6%, mais les exemples sont légions. Les mentalités ont aussi évolué puisqu’on ne parle plus de « grossesse tardive », d’autant que la procréation médicalement assistée permet à des milliers de femmes chaque année de devenir mère à plus de 40 ans. Mais attention toutefois à ne pas oublier celles qui refusent l’option bébé et ne s’en portent pas plus mal. Car tout est une affaire de liberté individuelle et d’assumer ses choix. C’est la conviction de la coach Emilie Devienne qui, après s’être interrogée une dernière fois à 40 ans, a décidé de ne pas enfanter. « C’est un choix mûrement réfléchi. Ça ne me tentait pas d’avoir un enfant à cause de la responsabilité colossale que cela implique, mais aussi parce que je ne voulais pas ajouter des êtres humains à cette planète qui en compte déjà des milliards. » Si le sujet est encore tabou, la quarantaine peut être l’occasion de clore une fois pour toute ce chapitre bébé et d’être au clair avec ses désirs profonds.

À LIRE

Au secours j’ai 40 ans depuis 4 ans de Gaëlle Renard, Éditions Leduc.s

Fais ce qu’il te plait. 12 semaines pour trouver votre voie et rencontrer votre destin, de Maud Simon, InterÉditions, 2011.

La crise du milieu de vie, de Lisbeth Von Benedek, Éditions Eyrolles, 2011

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Catégories :Questions de Femmes

Ferrero : des produits au coeur de l’inconscient collectif des Français

octobre 19, 2015 Laisser un commentaire

MAURO RUSSO, DIRECTEUR GÉNÉRAL DE FERRERO FRANCE

Leader national du marché de la confiserie de chocolat, Ferrero France jouit d’un capital sympathie indéniable chez une grande partie des Français toutes générations confondues avec des marques phares comme Nutella, Kinder Bueno, Ferrero Rocher, Mon Chéri ou Tic Tac. Un consensus qui s’explique par la qualité gustative des produits, mais aussi par des ingrédients rigoureusement sélectionnés et des modes de production respectueux de l’environnement. Produit phare par excellence, le Nutella, la pâte à tartiner au goût inimitable de Ferrero, est profondément ancré dans les habitudes alimentaires des Français. « Nous avons la chance d’avoir un taux de pénétration auprès des familles de plus de 75 %, assure Mauro Russo, Directeur Général de Ferrero France depuis 2013. Dans tous les pays où Nutella est très fort, notamment la France, l’Italie et l’Allemagne, les consommateurs pensent que la marque est française ! Ce sentiment reflète bien l’inconscient collectif visà- vis de cette pâte à tartiner qui plaît tant aux enfants et aux  adultes. » Pour Mauro Russo, le marché français bénéficie d’une singularité. « Il y a une sensibilité sociétale très élevée par rapport aux autres marchés européens où j’ai pu travailler, notamment l’Espagne, la Grèce et le Portugal. Il faut le prendre en considération car cela a des implications directes sur la façon de gérer l’entreprise et de définir sa stratégie. En effet, le consommateur français est aussi un citoyen. Il réclame le plus de transparence possible et veut savoir si le produit qu’il achète est digne de confiance. La rigueur est donc notre leitmotiv. »

TRANSPARENCE ET RESPECT

Forte d’un ancrage en Haute Normandie depuis 1959, Ferrero France compte 450 personnes pour la force de vente, 350 au siège (marketing, trade marketing, finance, RH…), 400 à l’usine de production de Vilers Ecalles et 50 sur la partie logistique où arrive l’ensemble des produits fabriqués dans d’autres usines européennes du Groupe. Pour le Directeur Général, le succès de l’entreprise en France s’explique aussi par un management à la fois humain et transparent. « Mon credo, en tant que Directeur Général, est de privilégier le plus de transparence possible avec tous mes collaborateurs. S’il y a un problème, on en parle et s’il y a quelque chose à célébrer on le célèbre ensemble naturellement. Les salariés français du groupe ont cette particularité de vouloir s’impliquer dans les décisions de l’entreprise et faire partie d’un projet global. La communication est donc essentielle et privilégiée. Nous avons d’ailleurs quatre fois par an une réunion d’information avec tous les salariés du siège pour évoquer les résultats, les enjeux et les objectifs du Groupe. Cela permet aux personnes de comprendre les défis à relever et d’y trouver un niveau de motivation supérieure. »

UNE POLITIQUE SOCIALE FORTE

Résolument engagée dans une démarche RSE, le Groupe Ferrero défend une politique RH favorisant la diversité et l’égalité des chances (égalité hommes femmes, emploi des seniors, intégration des personnes en situation de handicap). Une démarche qui passe aussi par une attention portée à l’employabilité des collaborateurs via un budget formation et des programmes de valorisation des acquis d’expérience. « Nous recrutons des personnes qui sont prêtes à changer de fonction, de lieux et de département. Le collaborateur est considéré dans une temporalité assez longue. Ferrero s’engage à trouver le poste où il sera le plus épanoui et donc le plus performant, pour lui donner une perspective de carrière positive. C’est aussi ça le développement personnel. » En outre, tout est mis en place pour favoriser l’équilibre vie privée/ vie professionnelle. « Nous sommes convaincus qu’une personne qui se sent bien dans sa vie quotidienne sera un meilleur collaborateur de l’entreprise. Fort de ce constat, nous avons mis en place depuis huit ans toute une série d’avantages qui reposent sur une « Antenne service ». Son rôle : simplifier au maximum le quotidien de nos employés. Plus de 80 % des salariés utilisent ces services qui s’adressent à tout le personnel sédentaire (hormis les personnes de la force de vente). Tout le monde est utilisateur d’au moins un service de cette conciergerie qui propose des aides variées qui vont du pressing à la cordonnerie en passant par la couture ou les démarches administratives fastidieuses. Soit au total une cinquantaine d’offres. » Enfin, le groupe accompagne ses collaborateurs dans des moments plus pénibles, notamment en cas de maladie en maintenant leurs salaires. Une cellule sociale, composée de deux personnes, est dédiée à cette activité d’accompagnement et de service au collaborateur. Une entreprise à taille humaine qui est fière d’obtenir régulièrement le label Great Place to Work.

La Suite dans Le journal des Grandes Écoles et Universités

JDE